Les Schleck pensent à 2010
Fränk n'est pas monté sur le podium & Andy n'a pas remporté le Tour. Mais les deux frères ne regrettent rien et se projettent dans l'avenir.
Après la victoire de Fränk au Grand-Bornand, Andy n'aurait pas boudé son plaisir de gagner au Ventoux, histoire d'associer un mythe à une carrière que l'on annonce grande. Mais Andy poursuivait une autre idée, celle de bouter Armstrong hors du podium pour y faire une place à son aîné, ce frère dont il disait un jour : " On ne peut pas espérer meilleur frère & meilleur ami ". Andy a multiplié les accélérations, dans l'espoir que Fränk puisse se sortir des griffes de Lance Armstrong, son rival pour la troisième marche à Paris. Les à-coups auraient dû venir à bout du septuple vainqueur du tour qui n'a pas bronché. Non seulement Fränk n'a pas su se projeter sur Andy, à chaque fois que ce dernier prenait quelques longueurs en compagnie de l'inévitable Contador, mais l'aîné des Schleck a semblé un peu moins saignant que dans les Alpes. Johny, le papa, a paru surpris après l'arrivée : " Fränk ? Mais il était super aujourd'hui ! Seulement le vent de face après le Chalet Reynard ne lui permettait pas de sortir. Certes, il lâche trois fois rien au sommet sous le coup de la deception de ne pas avoir distancé Armstrong, et ça lui coûte la quatrième place du géénral pour trois secondes, mais tout ça n'est pas grave, c'est la manière qui importe. Heureusement que les Schleck étaient sur le Tour, sinon... " Une phrase qui rejoignait le voeu exprimé il y a quelques jours par Fränk : " Je veux qu'on laisse un empreinte sur ce Tour, que l'on se souviennent de nous comme ceux qui ont esayé. " Parmis les rivaux désignés d'Astana en début de Tour, il faut bien reconnaître que les frères Schleck ont été les seuls à ne pas faillir à leur mission, à faire le spectacle, contrairement à Cadel Evans, Carlos Sastre ou Denis Menchov. Mais la "finale" du Ventoux laisse un goût d'inachevé, loin de la page de légende que Frânk rêvait d'écrire : " Au Ventoux, j'ai tout essayé, je n'ai aucun regret. Armstrong avait beau jeu car il avait juste à me marquer et, sur une ascension finale, au terme d'une étape qui n'était pas si difficile, il avait l'expérience pour bien géré son effort. Quatrième ou cinquième à Paris, c'est pareil. En réalité, la deuxième place d'Andy, c'est comme si c'était la mienne. " Et en pensant à sa victoire au Grand-Bornand, Fränk ajoute : " Les Schleck ont animé le Tour, c'est ça qui va rester dans nos pensées. " Andy est sur le même registre de l'émotion, à en rendre secondaire le but assigné de faire grimper Fränk sur le podium : " Quand j'attaquais, c'était bien évidemment avec l'espoir que mon frère suivrait. Bon, ça ne s'est pas fait et je ne gagne pas là-haut. Faut pas vouloir trop. De toute façon, je n'ai que 24 ans, j'ai encore une marge de progression. " Un constat qui faisait écho à la réponse de Fränk à un journaliste :
" Qui peut battre Contador en 2010 ? ", " Les Schleck !!! "